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Les territoires de la transition énergétique Coll. Socio-économie de l'énergie

Langue : Français

Coordonnateurs : DOUZOU Sylvie, GUYON Marc, LUCK Simon

Directeur de Collection : EDF R&D

Couverture de l’ouvrage Les territoires de la transition énergétique

Nouveaux territoires, nouveaux bouquets énergétiques, nouveaux modèles économiques, nouvelles citoyennetés, nouveaux acteurs, nouveaux équilibres entre le local et le global, etc. : la transition énergétique n’en finit pas de se négocier au pluriel selon des dimensions politiques, économiques, technologiques, environnementales, climatiques ou encore sociales. Nous avons choisi de témoigner de la diversité et de l’originalité du développement de ces transitions énergétiques en Europe à partir de trois pays européens – Allemagne, France et Royaume Uni – comparables en termes de taille, de population, de développement économique et d’influence politique. Les transitions énergétiques « en cours » sont confrontées à l’histoire des systèmes énergétiques nationaux et aux inerties qui en découlent. Elles se renégocient localement en fonction des contextes nationaux, des possibilités technologiques, y compris financières, des actions des acteurs et des expertises qu’ils mobilisent, avec en arrière fond les enjeux sociétaux actuels. Les expérimentations et les recherches présentées dans ces différents contextes nationaux permettent de prendre du recul tout en accordant une importance déterminante à la question des territoires. Chacun de ces territoires est alors envisagé en introduisant une clé d’analyse différentiant clairement le potentiel énergétique - qui évalue la capacité théorique de production d’un territoire -, l’autosuffisance énergétique réelle - souvent bien inférieure à l’autosuffisance énergétique arithmétique, qui ne prend pas en compte les caractéristiques du territoire réel -, et l’autonomie énergétique - qui renvoie à la capacité politique d’auto-organisation d’un territoire en matière énergétique. Cet ouvrage, point d’orgue d’un programme de recherche international mené pendant deux années à l’Institut d’études avancées de Paris, présente les transitions énergétiques en cours en Europe à partir d’une comparaison originale des recherches et expérimentations menées dans trois contextes nationaux différents. Il constitue en cela un outil précieux pour en saisir les complexités et les difficultés.

Préface - De la fécondité des rencontres improbables

Simon Luck et Gretty Mirdal

Introduction

Les territoires de la transition énergétique : diversité et polymorphisme

Marc Guyon, Sylvie Douzou, Jean-Baptiste Bart, Mathieu Brugidou et Marc Trotignon

PARTIE 1 - LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EN ALLEMAGNE

La transition énergétique allemande à la croisée des chemins : un aperçu critique

Bastian Hoffmann, Jan Eberbach, Daniel Fehrenbach, Jannis Bürger

(Traduit de l’anglais par Manon Hogue et Madeleine Bélanger Dumontier)

Les transitions énergétiques allemandes à l’échelon local : une perspective évolutive des transitions de Bottrop et d’Emden

Jens Koehrsen, Jannika Mattes et Andreas Huber

(Traduit de l’anglais par Manon Hogue et Madeleine Bélanger Dumontier)

PARTIE 2 - LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU ROYAUME-UNI

De quoi l’énergie citoyenne a-t-elle besoin pour prendre son essor ?

Stephen Hall (Traduit de l’anglais par Manon Hogue et Madeleine Bélanger Dumontier)

Émergence du secteur de l’énergie municipale au Royaume-Uni : modèles et enjeux

Larry Reynolds (Traduit de l’anglais par Chantal Pradines)

PARTIE 3 - LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EN FRANCE

L’énergie : support de la montée en puissance des collectivités territoriales en France ?

Marie Dégremont-Dorville

Collectivités territoriales et entreprises locales de distribution d’énergie : des partenariats opérationnels pour les politiques énergétiques territoriales

Pauline Gabillet

Discussion

Les ambivalences de l’autonomie énergétique locale

Olivier Coutard

De la fécondité des rencontres improbables

Simon LUCK, Coordinateur scientifique de l’IEA de Paris et Gretty MIRDAL, Directrice de l’IEA de Paris

Cet ouvrage constitue l’un des fruits d’une collaboration de plusieurs années entre l’Institut d’études avancées (IEA) de Paris et le groupe industriel Électricité de France (EDF). L’association autour de projets communs d’un institut d’études avancées et d’un acteur majeur du secteur énergétique ne semble pas aller de soi. Tout paraît en effet opposer les deux institutions. La taille en premier lieu : nulle comparaison possible entre un centre de recherche, animé par une dizaine de personnes seulement, dédié à l’accueil annuel d’une trentaine de chercheurs internationaux de haut niveau, et un groupe industriel réunissant plusieurs dizaines de milliers d’employés dans des centaines de spécialités différentes.

La mission, ensuite : quoi de commun entre l’accompagnement du séjour à Paris de quelques spécialistes en sciences humaines et sociales (SHS) et la production et la distribution d’énergie électrique à grande échelle ? L’esprit, ou la finalité, enfin : quand l’un investit tous ses modestes moyens dans le soutien d’une recherche fondamentale portée par des chercheurs à qui il est donné toute liberté de se consacrer au projet de leur choix pendant un semestre ou un an, l’autre reste avant tout un groupe industriel doté d’une Direction de la recherche et développement qui produit des connaissances au service de sa mission première.

Pourtant, le partenariat entre l’IEA de Paris et la direction Recherche et Développement d’EDF a pu faire la preuve de sa pertinence. Celle-ci s’impose sans doute d’autant plus en raison même de cette incommensurabilité, de cette opposition de styles, qui a pour corollaire une certaine complémentarité. L’IEA de Paris a été créé dans le but, d’une part, d’attirer à Paris les meilleurs chercheurs internationaux, pour le rayonnement et l’internationalisation des SHS françaises, et d’autre part, d’établir au sein de la capitale un lieu où les libres-échanges scientifiques peuvent faire émerger les recherches les plus innovantes. Le havre de paix que constitue l’Institut doit donner l’opportunité aux universitaires les plus brillants, sélectionnés pour l’excellence de leur parcours et de leur projet, de se consacrer librement à leur recherche, en interaction constante avec d’autres chercheurs de toutes disciplines et de toutes nationalités. De ces rencontres, souvent improbables ou inattendues, naissent immanquablement de nouvelles perspectives, qui permettent de dépasser les frontières traditionnelles de la connaissance. Bien qu’il développe en son sein un fort esprit de communauté, l’IEA est également très inséré dans les réseaux scientifiques locaux, soutenu par 12 institutions de recherche franciliennes, et connecté aux autres instituts du même type en France (le réseau français des instituts d’études avancées, RFIEA, regroupe les instituts de Lyon, Marseille, Nantes et Paris). Sa vocation est d’irriguer tout le tissu de la recherche, et au-delà, de promouvoir les dernières avancées des SHS auprès de nouveaux publics. Le grand public, bien sûr, mais aussi les milieux socioéconomiques. Comme son emblème le rappelle, l’IEA établit des passerelles : entre disciplines, entre nations, mais aussi entre le monde de la recherche et celui plus large de la société civile et de l’entreprise.

Mettre l’accent sur une recherche fondamentale, d’abord guidée par la curiosité intellectuelle et la soif de faire progresser toutes les connaissances, n’implique aucunement d’abandonner toute considération d’utilité sociale (1). Au contraire, outre le fait que la connaissance du monde participe à l’épanouissement de tous, le dialogue entre chercheurs internationaux de premier plan peut et doit aussi permettre de prendre à bras-le-corps les défis sociétaux les plus brûlants. Mais il s’agit dans un IEA de le faire selon un rythme particulier, avec des perspectives nouvelles, à travers l’expérimentation qui permet l’innovation. Les chercheurs de l’IEA ont ainsi abordé les questions les plus diverses : les mécanismes sociaux et neurologiques des violences extrêmes, les effets de la crise économique sur le rapport au travail et les risques psychosociaux, la démocratie aux prises avec la numérisation du monde, etc.

C’est sur ce terrain sociétal, face aux grandes problématiques qui s’imposent à tous, qu’ont pu se rencontrer, assez naturellement, l’IEA de Paris et la direction Recherche et Développement d’EDF. En tant qu’acteur résolument ancré dans la vie sociale et économique, confronté à des changements rapides et des enjeux majeurs dans des domaines très variés (environnement, sécurité, relations sociales, développement économique, etc.), l’énergéticien français doit et sait investir dans des recherches ambitieuses à même d’investiguer la complexité du monde.

La direction Recherche et Développement dispose d’une vraie « masse critique » en SHS, avec des chercheurs produisant des études sur de nombreuses thématiques liées au secteur de l’énergie, et dont la qualité est reconnue dans le milieu académique. Mais le groupe industriel a fait le pari d’intégrer dans sa politique de recherche un autre acteur dont il a rencontré le souci de nouer des liens en dehors du monde universitaire. L’IEA de Paris a apporté son approche internationale et interdisciplinaire, pour mener des recherches qui peuvent plus aisément sortir des sentiers battus. Le thème de la transition énergétique était idéal pour la collaboration entre nos deux institutions : international par essence, il est aussi au carrefour de nombreuses approches : sociale, technique, économique, environnementale, éthique. Il a donc été conjointement décidé que l’IEA accueillerait en résidence un chercheur qui se consacrerait à l’étude des derniers développements des politiques de transition énergétique en Europe, en se concentrant sur la Grande-Bretagne et l’Allemagne, partenaires importants de la France, mais aussi modèles très contrastés. Larry Reynolds a pendant 17 mois bénéficié des conditions de travail exceptionnelles de l’Institut et mené, en collaboration avec des chercheurs de la direction Recherche et Développement d’EDF, une étude comparative inédite sur les expérimentations locales et les politiques menées dans ces deux pays en matière de transition énergétique. Son séjour a donné lieu à plusieurs conférences, principalement destinées à ses collègues d’EDF et à leurs partenaires, mais également à deux colloques internationaux et interdisciplinaires, l’un sur les questions de justice posées par la lutte contre le changement climatique, et l’autre sur le rôle des villes et des territoires dans la mise en oeuvre des politiques de transition énergétique, dont cet ouvrage et le produit.

Si la collaboration entre EDF et l’IEA a, sous plusieurs aspects, pu provoquer des « chocs culturels » réciproques, liés aux différences évoquées plus haut, nous pensons qu’elle s’est aussi révélée profondément instructive et enrichissante ; d’autant plus que nous avions comme interlocuteurs des chercheurs qui comprenaient la singularité de l’institut et qui en appréciaient la flexibilité dans le travail quotidien.

Les deux parties peuvent certainement se féliciter aujourd’hui de cette collaboration, qui a su trouver son équilibre, et a porté ses fruits. Faire appel à un chercheur étranger, lui laisser une grande liberté dans sa façon d’aborder son objet, et lui donner l’opportunité de discuter ses idées avec des interlocuteurs très variés, a sans aucun doute permis de produire une recherche de qualité et novatrice. On ne peut que se réjouir qu’une partie des connaissances qui en sont nées rencontrent aujourd’hui un public plus large grâce à ce livre, qui marque peut-être la dernière étape de notre partenariat avec EDF. À moins que d’autres enjeux ne nous conduisent à renouveler dans le futur notre travail commun.

Car au-delà de la question énergétique, déjà si vaste, EDF développe des intérêts proprement scientifiques pour un grand nombre de sujets. Il convient de souligner que les premiers pas avec l’IEA de Paris se sont faits dans le cadre d’un autre projet, sur les sciences cognitives, qui a abouti au séjour d’un chercheur. Et ce partenariat s’est prolongé par un travail autour de la question des mutations du travail et des conditions de l’engagement des salariés dans leurs entreprises, qui a permis d’aborder ces questions sous des angles divers lors de deux journées d’étude qui ont associé praticiens (cadres et employés d’EDF et d’autres organisations) et chercheurs en management, sociologie et psychologie.

Ceci suggère la variété des thématiques qui peuvent être abordées par la direction Recherche et Développement d’EDF et démontre que recherche fondamentale et R&D peuvent se rencontrer, au prix d’efforts finalement modestes, et surtout fructueux. La recherche, même la plus fondamentale ne saurait rester étrangère au monde qui l’entoure, parce qu’elle ne serait qu’une recherche partielle et partiale. S’il est indispensable de conserver des espaces de liberté pour faire avancer les connaissances sans considération d’impact immédiat, il faut tout autant se garder de s’enfermer dans une tour d’ivoire qui condamnerait les chercheurs à ne produire des connaissances que pour d’autres chercheurs. Qu’elle puisse ou non servir des intérêts économiques, la recherche doit diffuser ses résultats aussi largement que possible et profiter au plus grand nombre. Dans cette optique, la rencontre, aussi improbable qu’elle puisse paraître, entre un petit centre singulier dédié aux SHS et la direction Recherche et Développement d’un grand groupe industriel confronté à des enjeux cruciaux pour l’avenir de la planète, s’est révélée particulièrement judicieuse et féconde.

1. Le petit ouvrage L’utilité de l’inutile a été rédigé par un philosophe ancien résident de l’IEA de Paris. Nuccio Ordine. L’utilité de l’inutile, Paris, Les Belles Lettres, nouv. éd. 2016.

Les coordonnateurs :

Sylvie Douzou, est chercheure sénior en sociologie de l’énergie à la direction Recherche et Développement d’EDF, et directrice associée du centre de recherche britannique DEMAND. Diplômée de l’Université de Montréal, Sylvie a travaillé dans le secteur de l’enseignement et de la recherche au Québec, puis dans le secteur privé en France. Ses travaux portent sur la demande en énergie en lien avec les dynamiques sociétales.
Marc Guyon, est chercheur à la Direction Recherche et Développement d’EDF, et chercheur associé au Centre de Recherche sur le Travail et le Développement du CNAM. Ingénieur ECL et titulaire d’un doctorat en psychologie, il est un spécialiste du Travail et de l’Activité, après avoir travaillé dans l’enseignement supérieur comme dans le secteur de la recherche, privée et publique, sur les technologies numériques.
Simon Luck, est docteur en science politique, spécialiste de la participation politique. Il a enseigné aux universités de Paris 1 et de Tours avant de se consacrer à l’administration de la recherche à l’Université de Créteil, et de rejoindre l’Institut d’études avancées de Paris en tant que coordinateur scientifique. Il est en charge de la programmation des activités scientifiques de l’Institut et du suivi des partenariats.

Date de parution :

Ouvrage de 140 p.

15.5x24 cm

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