La fonction venimeuse

Coordonnateurs : ROLLARD Christine, CHIPPAUX Jean-Philippe, GOYFFON Max

Langue : Français

75,00 €

En stock : expédition en 24h !

Ajouter au panierAjouter au panier
Date de parution :
Ouvrage 464 p. · 15.5x24 cm · Broché · 

· PDF : 75,00 € ·
Acheter l'e-book e-book
Élaborés par un animal, les « venins » sont des mélanges complexes de substances ayant la capacité d’immobiliser, tuer ou digérer une proie et de dissuader un prédateur. L’homme n’en est le plus souvent que la victime involontaire ou accidentelle. Présents dans les milieux terrestre et marin, on distingue les animaux venimeux actifs munis d’un dispositif d’inoculation du venin, des animaux venimeux passifs qui en sont dépourvus.
Outre la toxicité pour l’homme qui constitue en soi un domaine de recherche important, les venins sont des scalpels biologiques utilisés pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires et pharmacologiques du vivant et mettre au point de nouveaux médicaments dans des domaines tels que la neurobiologie, la biologie cellulaire, l’hématologie, la cancérologie ou la microbiologie.
La fonction venimeuse décrit, au sein de chaque groupe zoologique, les espèces responsables d’accidents en apportant les éléments sur leur biologie et en expliquant les effets pharmacologiques des venins, les conséquences cliniques de leur inoculation et les principes de leur traitement. Il présente la remarquable diversité des mécanismes anatomiques et toxicologiques des envenimations ou intoxications par ces animaux. Clair et richement illustré, sans équivalent en langue française, ce livre s’adresse aux biologistes, vétérinaires, médecins, naturalistes ainsi qu’aux enseignants et étudiants de ces filières. Il sera également une aide précieuse pour la préparation aux concours de SVT.
Préface

Auteurs

Introduction
1. Historique : quelques étapes de l’histoire des animaux venimeux et des venins
2. Quelques définitions
3. Présentation et répartition des animaux venimeux
4. Appareils venimeux
5. Composition et mode d’action des venins
6. Mesure de la toxicité
7. Venins dans leur contexte écologique et éthologique
8. Comportement des animaux venimeux
9. Venins et différentes fonctions vitales
10. Conclusion
Pour en savoir plus

Chapitre 1
Mesure de la toxicité des venins et de la neutralisation des antidotes aux venins

1. Mesure expérimentale de la toxicité d’un venin
2. Mesure expérimentale de la neutralisation d’un antidote
3. Conclusion
Références bibliographiques

Animaux venimeux actifs
Première partie - Soies urticantes

Chapitre 2 Annélides
1. Systématique et anatomie des polychètes
2. Appareil venimeux.
Références bibliographiques


Chapitre 3
Insectes Lépidoptères

1. Espèces urticantes
2. Envenimation
3. Cas particulier : genre Calyptra
4. Conclusion
Références bibliographiques


Chapitre 4
Araignées : mygales

1. Localisation des soies 2. Utilisations et formes 3. Risques
Références bibliographiques

Deuxième partie - Nématocystes

Chapitre 5
Cnidaires

1. Position zoologique des Cnidaires
2. Cnidocystes et venins.
3. Traitements des envenimations
Références bibliographiques

Troisième partie - Dards et stylets

Chapitre 6
Échinodermes

1. Appareil vulnérant : piquant
2. Piqûre, envenimation et traitement
3. Venin des piquants
Références bibliographiques

Chapitre 7
Mollusques Gastéropodes

1. Caractéristiques générales des Conidés
2. Espèces dangereuses de cônes
3. Appareil venimeux
4. Venin
5. Effet des piqûres de cônes chez l’homme
6. Prévention
Références bibliographiques

Chapitre 8
Insectes Hyménoptère
s
1. Introduction à la connaissance des Hyménoptères
2. Appareil vulnérant et glandes venimeuses des Aculéates
3. Venins
4. Réactions aux piqûres chez l’homme et traitement
5. Espèces en cause dans les cas d’envenimation chez l’homme
Références bibliographiques

Chapitre 9
Scorpions

1. Morphologie externe
2. Anatomie interne et principales fonctions
3. Organes sensoriels
4. Adaptations aux conditions de l’environnement
5. Biologie de la reproduction et développement.
6. Systématique, espèces dangereuses, répartition
7. Écologie.
8. Appareil vulnérant et glande venimeuse.
9. Envenimation scorpionique humaine (scorpionisme)
10. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 10
Acariens

1. Tiques
2. Discussion – Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 11
Poissons venimeux

1. Historique
2. Poissons venimeux
3. Appareil vulnérant et glandes venimeuses
4. Empoisonnements par les poissons venimeux
5. Traitements des envenimations provoquées par les poissons venimeux
Références bibliographiques

Chapitre 12
Mammifères Monotrèmes

1. Introduction
2. Monotrèmes et leurs éperons.
Références bibliographiques

Quatrième partie - Mors

Chapitre 13
Échinodermes

1. Appareil vulnérant, pédicellaire
1.1. Morphologie fonctionnelle des pédicellaires globifères
1.2. Rôle des pédicellaires globifères
2. Venin des pédicellaires
Références bibliographiques

Chapitre 14
Annélides

1. Polychètes
2. Achètes
Références bibliographiques

Chapitre 15
Mollusques Céphalopodes

1. Appareil venimeux des Octopodes
2. Espèces venimeuses
3. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 16
Myriapodes Chilopodes

1. Myriapodes.
2. Chilopodes
3. Appareil venimeux et venins.
4. Envenimation et pathologie chez l’homme.
5. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 17
Araignées

1. Morphologie et anatomie
2. Habitats et modes de vie3. Comportement sexuel
4. Développement
5. Cycle vital
6. Araignées potentiellement « dangereuses » pour l’homme
7. Venins d’araignées
8. Envenimation humaine
Références bibliographiques
Références Internet

Chapitre 18
Serpents

1. Introduction
2. Origine et phylogénie
3. Anatomie
4. Appareil venimeux.
5. Biologie, écologie
6. Reproduction des serpents
7. Systématique
8. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 19
Venins et toxines de serpents

1. Serpents venimeux 2. Présentation et composition générale des venins de serpents
3. Toxines à « trois doigts »
4. Sarafotoxines : peptides cardiotoxiques uniquement présents chez les serpents du genre Atractaspis
4.1. Sarafotoxines
5. Enzymes des venins de serpents
6. Utilisation des venins de serpents en recherche et en médecine
7. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 20
Fonction venimeuse chez les serpents

1. Serpents : majoritairement des « couleuvres »
2. « Couleuvres » : majoritairement venimeuses.
3. Venimeux ne signifie pas dangereux
Références bibliographiques

Chapitre 21
Envenimation humaine par les morsures de serpents

1. Épidémiologie des morsures de serpents
2. Symptomatologie de l’envenimation
3. Traitement des envenimations
4. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 22
Hélodermes

1. Introduction
2. Appareil venimeux et venin
3. Biologie et écologie.
4. Envenimation et traitement
5. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 23
Mammifères

1. Introduction
2. Solénodontes
3. Musaraignes
Références bibliographiques

Animaux venimeux passifs
Cinquième partie - Sécrétions externes chez les invertébrés et les vertébrés

Chapitre 24
Échinodermes

1. Troubles dus à l’ingestion et au contact
2. Saponines, facteurs de la toxicité des astéroïdes et des holothuroïdes 3. Relations entre Échinodermes et homme
Références bibliographiques

Chapitre 25
Myriapodes Diplopodes

1. Diplopodes
2. « Iuliformes »
3. Callipodides
4. Polydesmides
5. Glomérides
6. Polyzonides
7. Conclusion
Pour en savoir plus

Chapitre 26
Insectes vésicants

1. Insectes occasionnels
2. Meloidae3. Paederus
4. Envenimation
5. Toxine et production
6. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 27
Amphibiens

1. Classe des Amphibiens
2. Glandes venimeuses
3. Sécrétions venimeuses
4. Amphibiens les plus venimeux
5. Conclusion
Références bibliographiques

Sixième partie - Sécrétions internes

Chapitre 28
Poissons vénéneux

1. Toxines vénéneuses
2. Traitements des intoxications provoquées par les poissons vénéneux
3. Conclusion
Références bibliographiques

Chapitre 29
Oiseaux et Mammifères

1. Oiseaux
2. Mammifères
Références bibliographiques
Conclusion
Glossaire
Index


Depuis le Néolithique et au cours des différentes époques de l’Antiquité, les animaux venimeux, serpents et scorpions, ont fasciné les peuples et généré des pratiques plus ou moins prophylactiques dont certaines étaient fondées sur la crédulité. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les travaux scientifiques sur la toxicologie, la sérothérapie et la découverte de l’anaphylaxie en 2002 par deux océanographes français, P. Portier et C. Richet (prix Nobel de médecine 1913) étudiant les Actinies ont permis de mieux contrôler les envenimations. De nos jours, la crainte des venins et de leurs animaux porteurs persiste, avec chaque année plusieurs millions de morsures de serpents et piqûres de scorpions entraînant une mortalité de l’ordre de 100 000 à 150 000 décès. Par ailleurs, l’augmentation de la démographie dans les zones intertropicales, les flux migratoires de différentes origines y compris le tourisme, montrent que les animaux venimeux constituent un problème de santé publique dans les pays concernés.

Le mérite de l’ouvrage sur la fonction venimeuse, sous la direction de Christine Rollard, Jean-Philippe Chippaux et Max Goyffon, est d’avoir associé une trentaine de spécialistes de renommée internationale, pour présenter la diversité des venins et des appareils venimeux rencontrés dans les différents phylums des vertébrés et non-vertébrés. Cette présentation bénéficie de l’expérience et de l’actualisation des cours annuels sur les animaux venimeux dispensés depuis 1981 au Muséum national d’Histoire naturelle et illustre la renommée de l’école française de toxicologie.

Par rapport aux toxines des organismes vivants procaryotes (toxines bactériennes par exemple) ou eucaryotes (animaux et végétaux, curare par exemple), les venins sont définis comme « des poisons d’origine animale représentant des armes d’attaque ou de défense d’un animal sur une autre espèce y compris l’homme ». À partir de cette définition, l’ouvrage se divise en deux ensembles. Le premier concerne les animaux venimeux actifs capables d’injecter leur venin, le second les animaux venimeux passifs dont le venin est utilisé à des fins défensives par des secrétions externes ou internes. Dans les deux cas l’illustration pertinente avec des schémas ou des photographies et la présentation des connaissances récentes montrent la diversité et l’importance relative de la fonction venimeuse dans chaque phylum. Tous les Scorpions (environ 2 000 espèces), les Cnidaires sont venimeux ainsi que la plupart des Araignées (99,9 % des 40 000 espèces décrites). Sur les quelques 3 000 espèces de serpents décrites, environ 600 sont venimeuses et sont regroupées au sein des Viperidæ, des Elapidæ et des Atractaspididæ, les Colubroidea conservant quelques espèces « opisthoglyphes ». Chez les Insectes ce sont les Hyménoptères et les fourmis qui constituent des espèces venimeuses. Par contre, les mammifères et les oiseaux venimeux se réduisent à quelques espèces.

La diversité des appareils ou dispositifs venimeux parmi des animaux actifs est présentée en détail, elle peut se résumer à des soies urticantes (Annélides, Insectes Lépidoptères, Araignées mygales), à des cnidocystes caractéristiques des Cnidaires (Méduses, Actinies), dards et stylets (Scorpions, Insectes Hyménoptères, Gastéropodes Conidés, Echinodermes, Poissons venimeux, Mammifères Monotrèmes), morsures (Serpents, Araignées, Myriapodes Chilopodes, Mollusques Céphalopodes, Lézards Hélodermes…). Dans le cas des animaux venimeux passifs des sécrétions externes sont observées chez les non-vertébrés (Myriapodes Diplopodes, Insectes vésicants tels les Coléoptères Meloidea et Staphylinidae…), et des secrétions internes chez les Poissons, Oiseaux et Mammifères.

Cette présentation constitue une synthèse remarquable, elle permet de mieux utiliser et gérer la multitude des données accessibles par les différents moteurs numériques. Les experts rapportent les résultats impressionnants réalisés ces dernières décennies sur la biochimie, la structure moléculaire des composés des venins de Serpents et de Scorpions qui deviennent des outils précieux voire indispensables pour aborder l’étude des mécanismes fondamentaux du vivant. Dans un avenir à court terme, la connaissance des génomes des animaux venimeux et les méthodes biotechnologiques liées à la protéomique, à la transcriptomique vont amplifier la découverte de nouvelles molécules susceptibles de contribuer à la maîtrise des processus infectieux, physiologiques voire environnementaux.

La lecture des différents chapitres est agréable, d’un accès grand public, avec de multiples commentaires susceptibles d’intéresser les curieux. La dangerosité des plages et des eaux riches en cuboméduses peut s’expliquer par la densité impressionnante de cnidocystes (cellules urticantes des Cnidaires) avec, chez les espèces les plus dangereuses telle Chiromex fleckeri (encore dénommée « la main qui tue »), la présence d’environ 3 millions de cnidocystes par centimètre carré de tentacules, capables de se décharger en 700 nanosecondes. De même, les amateurs de plongée sous-marine ou les collectionneurs de beaux coquillages dans les eaux australiennes se méfieront des Mollusques Conidae qui contiennent des conotoxines redoutables par leurs effets sur les jonctions neuromusculaires. L’ouvrage met aussi en évidence des conseils en cas d’envenimation lors des morsures de Serpents ou de piqûres de Scorpions et des méthodes pratiques pour repérer les Scorpions grâce à la fluorescence de leur cuticule en lumière ultraviolette, à l’aide d’une simple lampe à UVA.

Il faut remercier et féliciter les auteurs pour avoir réussi ce livre clair, richement illustré, tout en soulignant le potentiel exceptionnel des biomolécules des venins qui constituent un arsenal inestimable pour le développement de nouvelles stratégies médicales ou l’analyse des processus fondamentaux du vivant. La fonction venimeuse s’adresse aux biologistes, vétérinaires, médecins, naturalistes intéressés par la biodiversité mais aussi aux enseignants et étudiants des différents parcours de masters ou concours du domaine des Sciences de la Vie, ainsi que les populations et les voyageurs des zones intertropicales.

Joseph SCHRÉVEL
Professeur émérite, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
Cet ouvrage s’adresse à large lectorat d’étudiants (médecine, pharmacie, toxicologie, vétérinaire, biologie, zoologie) et de professionnels (biologistes, vétérinaires, pharmacologues, médecins, naturalistes). Il sera aussi très utile aux candidats à l’agrégation de sciences naturelles et aux professeurs de SVT.
• Christine Rollard, Maître de Conférences du Muséum national d’Histoire naturelle (section Arthropodes), Enseignante-chercheure, MNHN, Paris.
• Jean-Philippe Chippaux, Directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) Cotonou (Bénin) et Université Paris Descartes - Sorbonne Paris-Cité, Faculté de Pharmacie, Paris.
• Max Goyffon, Attaché honoraire, Département régulation, développement et diversité moléculaire (DRDDM), MNHN, Paris.

Écoutez l'interview de Christine Rollard et Max Goyffon lors de l'émission "La tête au carré" consacrée aux poisons (France Inter, 09/09/2015)